Les
photos du périple de Franck sont maintenant en
ligne. Le diaporama
est ICI.
La rencontre n’a pas de frontières.
Si 21 militants d’Emmaüs – dont Franck,
de la communauté d’Angoulême –
en ont franchi plusieurs pour se rendre en Bosnie cet
été, elles se sont désagrégées
lors de la rencontre sur place.
Un séjour dans le camp de réfugiés
de Doboï, un autre dans le camp de Srebrenica et
une journée dans un village pour déplacés
sur la frontière serbe ont plongé nos
pèlerins au cœur des suites de la guerre,
de ces dommages qui n’ont rien
de « collatéraux » tant ils se situent
au for intérieur de chaque survivant.
A Doboï, il reste 150 adultes dont
seulement 40 d’assez valides pour travailler encore.
La plupart sont handicapés à vie, soit
physiquement soit en raison des traumatismes subis.
Ils tournicotent autour des baraquements, aux trousses
des nuages qui embrument leur passé. Désappropriés
d’un avenir, ce sont les vrais mutilés
de la guerre. Ils ont pourtant la rage de vivre, de
revivre.
L'accueil engendre la joie, à Doboï
comme à Srebrenica et chez les villageois. Un
survivant qui prend conscience qu'il existe pour autrui
redevient une personne à part entière.
Sans minimiser la valeur des meubles, de la vaisselle,
du linge ou des vêtements que Franck et ses compagnons
ont déchargé dans une usine en ruines,
c’est le lien d’homme à homme qui
a abreuvé la soif la plus profonde.
« C’était bouleversant », se
souvient Franck. « Une émotion indicible
nous a envahis tous et nous n’étions pas
très bien pendant quelque temps après.
»
Il n’y a pas que les rescapés.
Le mémorial de Srebrenica abrite déjà
7 700 victimes de la guerre.. A terme, il sera la dernière
demeure

d'environ 10 000 personnes, car on en retrouve
encore dans les charniers.
Franck engage chacun, au moins une fois
dans sa vie, d’aller ainsi à la rencontre
de ceux qui souffrent en silence, des délaissés
de "la pub" des média.
Si ce voyage est maintenant clos, le dernier chapitre
du récit ne sera jamais rédigé
: il s’y rajoute une nouvelle parole à
chaque rencontre d’un homme avec plus souffrant
que lui.
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