|
| 
|
Chaque objet à la salle de vente a une histoire,
dont nous n'en connaissons que le dernier chapitre :
quelqu'un a décidé de s'en séparer,
d'en faire don
aux compagnons d'Emmaüs.
Le passage à l'acte commence par un coup de
fil à Magali qui organise les "ramassages"
des donations. Chaque matin les chauffeurs (en face
: Joël) vérifient l' itinéraire de
la journée.
Pour les chauffeurs et les rippeurs qui vont à
domicile, le "donateur anonyme" n'a rien d'anonyme.
|
Les camions d'Emmaüs battent la
campagne charentaise tous les jours.
Ce jour-là, j'étais de la
partie. |
|
|
Je descends de voiture et rejoins Stéphane
et Joël dans le camion. |
|
Premier
rendez-vous : Black nous accueille en faisant des mamours
à Joël.
Madame Thomas nous salue à son tour en montrant
tout ce dont elle n'aura plus besoin après son
déménagement qui approche.
Madame Thomas connaït peu l' Emmaüs
d' aujourd'hui, mais elle a une vénération
pour l'Abbé Pierre.
"Je me souviens" dit-elle," c'était
en '54, ..."
Lors de notre départ, elle compte
se rendre prochainement à La Couronne.
|

|
|

|
Le camion
est déjà bien rempli. |
|
| |

|
Nous poursuivons notre route, à la
recherche d'un village au fond de la campagne.
La masion est là, au fond de la photo vers la gauche. |
| Monsieur Moreau donne un coup
de main à Stéphane et à Joël,
tout en nous racontant la visite de Dominique de Villepin
à une commune voisine. La nouvelle est encore chaude,
elle date de la veille. Evidemment, le premier ministre
n'est resté qu'une dizaine de minutes, mais ce
n'est déjà pas si mal pour une commune qui
compte 335 habitants ! |
| |
|
A l'issue de chaque visite,
le donateur signe l'inventaire des objets enlevés.
|
|
| |
 |
Une réception des plus inattendues nous attend
au troisième arrêt. Jacquot, ci-contre,
s' époumone à avertir son maître
de notre arrivée.
Jacquot use d'un vocabulaire tout à fait digne
des marins du Finistère (d'où il est originaire). |
| Ce qui n empêche en
rien le travail de se faire. |
|
|
|
| |
|
De retour à la communauté,
Joël et Stéphane vident le camion aussitôt.
On reconnaît le petit vélo qui était chez
Jacquot et la table de pique-nique offerte pas Madame Thomas.
Tout prend place dans la salle de vente dès le lendemain
(ce n'est pas aussi rapide quand il y a des réparations
à faire), prêt à entamer une autre vie,
toute belle et toute neuve. |
|
 |
|
|
"Rippeuse" d'un jour,
j'ai beaucoup appris. D'abord, à mieux connaître
Joël et Stéphane.
Mais encore ...
Une tapisserie se compose de mailles entrelacées.
Une maille toute seule, c’est absurde. Une de perdue
: c’est le vide, un trou.
A Emmaüs, le tissage des compagnons, des responsables,
des salariés et des amis est visible à l’œil
nu. Leur effort à tous, cependant, n’aboutit
qu’à une tapisserie mitée.
La décision d’offrir un objet - souvent de famille
- à Emmaüs ne se prend pas à la légère.
Elle donne de la consistence à l'ouvrage fini.
Bref,ce jour-là j’ai vécu « la
joie du partage et de l’échange" (j'emprunte
les paroles de l’Abbé Pierre), les points de
base de la tapisserie d'Emmaüs.
|
|